La question la plus soulevée par les internautes dans le débat organisé par la Mairie de Paris sur la nuit : des transports plus nombreux, et plus tard. On attendait donc beaucoup de l’Atelier “mobilités nocturnes”.
Hélas, le résultat est bien décevant. Le discours principal de la mairie ? “Voilà ce que nous avons déjà fait, il n’y a pas lieu de se plaindre autant, tout va déjà très bien…”. Et des projets pour améliorer les transports à Paris la nuit, quand même ? ” Oui, oui bien-sûr, on en discute… C’est en cours, mais ça coûte cher, vous savez “.
Examinons un peu de plus près ces “projets”.
En 2005, les noctiliens remplacent les noctambus et améliorent la vie nocturne de 4,6 millions de travailleurs et fêtards nocturnes parisiens ou banlieusards. En 2010, ils sont 8 millions à circuler de nuit dans Paris et sa métropole.
Pratique quand le métro est fermé, moins cher qu’un taxi… Oui, mais le noctilien reste tout de même un synonyme de galère pour beaucoup de Franciliens. Sentiment d’insécurité (plus pour les fêtards que les travailleurs nocturnes, qui prennent le noctilien plus régulièrement), inconfort de l’attente souvent trop longue, difficulté à repérer les abris-bus… Il est vrai que des panneaux bleus foncés, la nuit, c’est pas très pratique. Un meilleur éclairage des stations de bus s’impose.
“Cela n’a rien à voir d’attendre un bus de jour et un bus de nuit”, fait remarquer Catherine Espinasse, psychosociologue spécialiste des mobilités nocturne.
“Il faut prendre en compte la fatigue des travailleurs. Souvent, il n’y a pas assez de place pour s’asseoir. On a besoin d’un aménagement physique, pour améliorer le confort, et aussi psychique : l’attente peut devenir anxiogène dans certains territoires !”
– Petite pensée pour la jeune fille qui attend seule son noctilien à la sortie d’une soirée à Châtelet-les-Halles, au milieu des bourrés, clochards, et petites racailles qui lui demandent en ricanant un bout de shit –
Catherine Espinasse suggère alors des “ambiances acoustiques, de la lumière”, et même “une présence humaine” pour rassurer les plus frileux du noctilien.
Alors miracle, il parait que la RATP a trouvé LA solution : un mini-bus d’information avec des sièges et des distributeurs pour se restaurer. Wahou.
2h27 – Isabelle Bellanger – A quoi ça sert, un… par 2h27
L’idée est séduisante, mais le fait de n’en installer qu’un seul dans tout Paris est peu prometteur.
Le métro 24/24H ? Jamais ! Les noctiliens ? Oui !
La revendication la plus attendue des Parisiens : un métro ouvert plus tard la nuit et plus tôt le matin. Certains rêvent même d’un métro ouvert 24h24, comme celui de Berlin le week-end. Dommage pour eux. “La RATP est un vieux réseau. On n’arrivera jamais à ouvrir 24h24″, tranche Isabelle Bellanger, directrice adjointe de l’agence de Paris et de la RATP.
2h27 – Isabelle Bellanger – Alors, + de métros… par 2h27
Certes, le service a été prolongé d’une heure en fin de semaine. Cela a même permis une augmentation de 3% du trafic le samedi. Mais pas question de céder pour les autres jours de la semaine.
Question d’ “économie générale”, explique François Kalfon, conseiller régional en Île de France et Président de la Commission des Transports. “Le RER ou le métro, ça coûte cher. Développer le réseau des bus et noctiliens me paraît plus adapté. ” Mais ce n’est pas qu’une question de coût : “Si on développait le RER ou le métro la nuit, cela poserait un problème de sécurité important“.
Et de vanter ensuite les mérites du réseau noctilien : “Les lignes N 140 et N143, par exemple, permettent à ceux qui travaillent à Paris la nuit de rentrer chez eux en Seine Saint Denis.”
Il existe déjà 47 lignes de Noctiliens. Deux lignes traversent Paris intra-muros, pendant que 39 traversent son cœur et son agglomération. Cela représente 92 bus, et 65 autocars. Alors le noctilien, c’est tellement bien (et surtout plus économique) que François Kalfon promet “la création de 2 à 3 lignes nouvelles. Elles iraient de Paris intra-muros vers la grande couronne, ou effectueraient des déplacements circulaires au sein de Paris.”
Dernier projet super révolutionnaire avancé par la mairie de Paris : un… portail Internet sur les temps de transports à Vélo. Attention, encore plus fou : “le temps calculé intégrera la question des dénivelés !” explique M. Kalfon. Il nous en met plein la vue, dis donc…
Enfin, le meilleur (ou le pire) pour la fin : Autolib. Dès octobre 2011, “une première mondiale : l’offre autolib, soutenue par la Région”. Bon, c’est rassurant, on n’entendait plus parler de l’Autolib depuis longtemps. Mais se déplacer à Paris en voiture, c’est pas franchement ce qu’il y a de plus pratique. Et le prix n’est pas aussi économique que celui des Vélib. Pour les vélos, la caution est déjà de 150 euros – pour les Autolib, elle sera de 500 euros.
Bénédicte Lutaud
[...] Métro, Boulot, Dodo? (Atelier “mobilités nocturnes) [...]
Si on développait le RER ou le métro la nuit, cela poserait un problème de sécurité important“.
On est a Kaboul?
Et comment on fera avec le futur metro express censé etre ouvert 24/24?
Si deja il y avait plus de taxis et qu ils etaient moins chers..
Mais mettons le paquet sur le noctilien c est plus pratique